L’or a enchaîné les records historiques au début du printemps…
Depuis, les prix sont revenus un cran en arrière en raison principalement de la pause observée dans le bras de fer commercial entre Washington et ses « partenaires » commerciaux. Le record historique du cours de l’once a ainsi été atteint courant avril sur la barre symbolique des 3.500 dollars.
Depuis le début de l’année, l’or a progressé de plus de 20%. Si l’on prend un peu de recul, le métal jaune a grimpé de 170% en l’espace de 10 ans. Valeur refuge par excellence face aux crises internationales, son éclat s’était perdu dans les années 80 et 90 avec l’apaisement des tensions Est-Ouest et la chute du Mur de Berlin…
L’explosion de cette bulle spéculative sur fond de regain de tensions géopolitiques avec les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis a remis l’or à l’agenda des investisseurs à la recherche de sécurité. En 2007/2008, la crise systémique provoquée par les le krach des sub primes a redonné un nouveau « coup d’accélérateur » au métal précieux, tandis que la crise de banques en zone euro en 2011 a fait s’envoler les cours en direction des 2.000$ l’once !
On l’a compris, les risques économiques, financiers et géopolitiques restent des soutiens essentiels à la dynamique des cours de l’or, valeur refuge. Avec le regain des tensions géopolitiques, mais aussi des comptes publics toujours plus dégradés et une grande fébrilité du système monétaire international, l’avenir de l’or pourrait rester radieux…
Pourquoi l’or flambe ?
Certains pays comme la Chine ou la Russie n’ont pas attendu les dernières crises financières pour refaire le plein d’or : la demande provient ici à la fois des particuliers et des institutionnels, emmenée par d’importants achats de la part des banques centrales, une stratégie mise en place en Russie dès l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête du Kremlin au début des années 2000 : En l’espace de 20 ans, la banque centrale russe a reconstitué ses réserves en or de manière spectaculaire : de moins de 450 tonnes d’or en 1998, le pays a ainsi vu ses réserves grimper à 2.332 tonnes en 2023.
Les spécialistes des métaux précieux soulignent aussi le rôle incontournable de Pékin dans l’évolution favorable des cours : la Chine est non seulement le plus grand producteur d’or dans le monde, mais aussi l’un des plus gros acheteurs via sa banque centrale : Jusqu’à 15% des achats mondiaux provenaient encore récemment de ce pays, souligne le World Gold Council… Depuis plusieurs années déjà, les autorités chinoises cherchent en effet à diminuer leur dépendance au dollar, alors que Pékin est historiquement un des grands détenteurs de la dette américaine. Les investisseurs chinois en premier lieu misent sur l’or car les marchés actions et l’immobilier demeurent particulièrement fébriles dans la région.
D’importants achats proviennent également de Turquie, le pays ayant subi ces dernières années une poussée inflationniste sans précédent : Les particuliers ont cherché logiquement à protéger leur épargne des dégâts d’une érosion monétaire dévastatrice pour leur patrimoine et leur pouvoir d’achat… En France, tandis que la hausse des prix tend désormais plutôt à s’assagir, la plupart des conseillers financiers continuent cependant de recommander d’investir dans l’or à hauteur de 5 à 10% des portefeuilles pour des raisons prudentielles et de saine diversification d’épargne.
Une nouvelle jeunesse pour la « relique barbare » ?
Dans un passé pas si lointain, en période d’aversion au risque, les investisseurs pouvaient se tourner vers la dette publique américaine en achetant des bons du trésor US… Mais, compte tenu de la récente crise des droits de douane, les investisseurs se sont dernièrement détournés des obligations d’État et du dollar, à commencer par certains gros institutionnels asiatiques dans un contexte budgétaire toujours plus dégradé aux États-Unis.
L’once d’or est ainsi devenue « la seule véritable valeur refuge restante », selon les analystes de la banque américaine Jefferies. « La menace qui pèse sur l’indépendance de la Fed soutient aussi le marché… Les investisseurs considèrent de plus en plus le métal précieux comme une valeur refuge incontournable en période d’instabilité politique et économique ». Goldman Sachs prévoit même que l’once pourrait atteindre les 4.000 dollars d’ici le milieu de l’année prochaine…
Autre facteur de hausse pour le métal précieux : la résurgence de l’inflation dans le monde qui a suivi la crise sanitaire du Covid et le début de la guerre en Ukraine, ce qui a largement alimenté la demande mondiale d’or pour tenter de se prémunir face à cette érosion monétaire brutale… En vue du second semestre 2025, les experts anticipent désormais de nouveaux arbitrages de la part des fonds d’investissement au profit de certaines matières premières ou d’actifs dématérialisés comme les cryptomonnaies par souci de diversification, tandis que le marché se prépare progressivement aux prochaines baisses de taux directeurs des banques centrales, emmenées par la Fed et la BCE, sans doute à partir de l’été… C’est pourquoi le potentiel de l’or semble toujours aussi prometteur à moyen/long terme.
Face aux autres placements, l’or rassure !
Inflation non contrôlée, surendettement des États, conflits armés qui se multiplient dans le monde… tout laisse donc penser que le métal jaune va continuer d’intéresser les investisseurs : « L’or a toutes les qualités puisque c’est un actif rare et inaltérable qui peut de surcroit se transmettre facilement de génération en génération » insistent les analystes…
Face à l’érosion monétaire que subissent les grandes devises mondiales, faute de crédibilité des politiques monétaire pilotées par les banques centrales, le métal précieux permet de protéger efficacement son épargne sur la durée. Dans le cadre d’une diversification prudente de son patrimoine, détenir de l’or est donc jugé incontournable.
Car contrairement aux autres placements, l’or, à l’inverse d’une société cotée qui peut faire faillite ou d’un bien immobilier qui peut être sinistré, incarne avant tout la sérénité.
Avantage supplémentaire : Une épargne en or peut être mobilisée comme garantie solidaire, sans
transfert de propriété ni fiscalité immédiate.