« C’est une révolte ? » « Non, Sire, c’est une révolution. »

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Le 14 juillet 1789, apprenant la prise de la Bastille, Louis XVI aurait demandé :

« C’est une révolte ? »

Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt lui aurait alors répondu :

« Non, Sire, c’est une révolution. »

Deux phrases qui traversent les siècles parce qu’elles révèlent une vérité fondamentale : les pouvoirs établis ont souvent du mal à reconnaître les transformations profondes qui s’opèrent sous leurs yeux.

Une révolte conteste.

Une révolution construit autre chose.

Une révolte refuse l’ordre existant.

Une révolution invente un ordre nouveau.

Aujourd’hui, beaucoup décrivent la France à travers ses crises : défiance envers les institutions, éloignement des centres de décision, sentiment d’impuissance, fracture entre territoires et pouvoir central, affaiblissement des liens de proximité.

Mais derrière ces difficultés apparaît peut-être une aspiration plus profonde : celle de reprendre en main notre destin collectif.

La véritable révolution du XXIᵉ siècle ne consiste peut-être plus à prendre un palais ni à conquérir le pouvoir central. Elle consiste à redonner de la capacité d’agir aux citoyens, aux communes, aux quartiers, aux villages, aux kers, à tous les lieux où la vie réelle continue de s’organiser.

Face à la concentration des décisions, une autre logique peut émerger :

• la souveraineté des territoires ;
• la solidarité entre les personnes ;
• la mutualisation des ressources ;
• la responsabilité locale ;
• le fédéralisme librement consenti ;
• la renaissance des communs.

L’avenir n’appartient pas nécessairement aux structures les plus grandes. Il appartient peut-être aux communautés capables de coopérer, de s’entraider et de fédérer leurs initiatives sans perdre leur liberté.

Car une révolution durable ne consiste pas seulement à remplacer des dirigeants ou des institutions.

Elle consiste à permettre aux femmes et aux hommes de retrouver leur pouvoir d’agir là où ils vivent.

Peut-être que la révolution de notre temps ne sera pas celle des barricades.

Peut-être sera-t-elle celle des territoires vivants, des communs retrouvés, des solidarités concrètes et des communautés fédérées.

Non pas contre la France.

Mais pour la refaire vivre à partir de ses racines.

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